Vladimir Nabokov

NABOKV-L post 0008500, Tue, 2 Sep 2003 17:58:58 -0700

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Sent: Tuesday, September 02, 2003 4:29 PM
Subject: en relisant Lolita du côté de Digne, là où Nabokov


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Liberation
Le Charme discret de la bourgeoisie
Ciné Cinéma Auteur, 21 heures.

Jjeudi 28 août 2003

Il ne s'agit pas ici de célébrer le postcinéma éclaté des années 70, pas plus celui de Buñuel que celui des postnouvelles vagues maniéristes. C'est juste que Buñuel et les autres, ça fait deux. Deux hommes de qualité accompagnent Luis Buñuel dans ses derniers films, Serge Silberman et Jean-Claude Carrière, deux accoucheurs de première sans qui Buñuel aurait probablement avancé l'âge de sa retraite, consacrant ses dernières forces (on allait dire ses «dernières volontés», ce qui n'aurait pas été plus mal) à espionner les allées et venues de son épouse. Qui retrouvera, aux Cahiers ou ailleurs, cette étonnante interview de madame Buñuel, racontant par le menu les terrifiants interrogatoires d'amour que lui faisait subir son amant et maître. Si la paranoïa et Buñuel, ça faisait deux, la jalousie et Buñuel, ça faisait un. Revoir El ou la Vie criminelle d'Archibald de la Cruz pour s'en assurer.

Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) est un «vaudeville fantastique et métaphysique», pour reprendre la belle expression de Lourcelles, qui décrit le film comme «un récit à tiroirs où l'imaginaire des personnages et leur réalité sociale s'imbriquent de manière à susciter constamment la stupéfaction, le rire et la complicité du spectateur». Avec des acteurs de l'envergure de Paul Frankeur, Julien Bertheau, Bulle Ogier ou Delphine Seyrig, la partie est un pur délire, peuplé d'obsessions et de fantasmes incarnés comme rarement au cinéma.

Et le cinéma ? A Dieu vat, s'il veut bien. S'il ne veut pas, lire plutôt le séminaire de Lacan sur l'Amour pour s'étourdir de l'extrême sophistication du monde et de l'extraordinaire sauvagerie des femmes. On peut aussi revoir ce Buñuel oublié, pervers, nymphique, The Young One (1960), en relisant Lolita du côté de Digne, là où Nabokov s'étourdissait de la seule chasse qui comptait à ses yeux, la chasse aux papillons. Pour un été tardif, il n'y a pas mieux.






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