NABOKV-L post 0006087, Sun, 22 Jul 2001 20:10:32 -0700

Subject
Speak, Memory: Louis Bouilhet's "Vers а une femme"
Date
Body
Continuing notes on Speak, Memory from the editor:

In Chapter 11, part 5 (p. 225) VN writes of his earliest poem and its
derivative defects. Among the wretched prototypes was a piece "pressed
upon him "by a youngish and rather attractive aunt, who... spout[ed]
Louis Bouilhet's famous piece (A Une Femme), in which a metaphorical
violin bow is incongruously used to play on a metaphorical guitar, ...."

Now forgotten, Bouilhet (1822-1869) was a popular French poet and
dramatist who lived in Rouen where he was a close friend of Flaubert.

The "metaphor" becomes much clearer when one consults the poem in
question. SO far as I notice none of SpM's commentators looked into the
matter, so......


Vers a une femme


Quoi ! Tu raillais
vraiment, quand tu disais : "Je t'aime !"
Quoi ! tu mentais
aussi pauvre fille ! ... A quoi bon ?
Tu ne me trompais
pas, tu te trompais toi-m?me,
Pouvant avoir
l'amour, tu n'as que le pardon !


Garde-le, large et
franc, comme fut ma tendresse.
Que par aucun
regret ton coeur ne soit mordu :
Ce que j'aimais en
toi, c'etait ma propre ivresse ;
Ce que j'aimais
en toi, je ne l'ai pas perdu...


Tu n'as jamais
ete, dans tes jours les plus rares,
Qu'un banal
instrument sous mon archet vainqueur,
Et, comme un air qui
sonne aux bois creux des guitares,
J'ai fait chanter
mon reve au vide de ton coeur.



S'il fut sublime
et doux, ce n'est point ton affaire.
Je peux le dire
au monde et ne te pas nommer :
Pour tirer du
n?ant sa splendeur ephemere,
Il m'a suffit de
croire. Il m'a suffit d'aimer.





Louis
Bouilhet.