NABOKV-L post 0022086, Fri, 14 Oct 2011 16:23:13 -0300

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Re: Hazel Shade-Lolita and Dorothy Parker
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Matt Roth: The passages Jansy quotes are quite remarkable, though of course we will never know, and should not presume to know, if Hazel Shade had an original in Dorothy Parker's Lo. We do know that VN read Parker's story...PS. I think Fran misunderstands. Jansy was not saying that DP's "Lolita" inspired VN's Lolita.

JM: Thanks for your careful reading in relation to D.Parker's and V.Nabokov's "Lolita" and for understanding my point concerning Hazel Shade, in PF.

Concerning you query to the list ("a long, picaresque 1930s novel by Hervey Allen called Anthony Adverse. According to Wikipedia, it was turned into a movie starring, among others, Olivia de Havilland. The plot is not easily described, but one character, Angela, becomes an actress and a mistress to Napoleon, much like Iris Acht and Thurgus, perhaps.") I did some checking and discovered that Angela Giuseppe is related to Mlle George, Napoleon's lover and a successful actress who lived in St. Petersburg for some time. Perhaps her biography is worth pursuing further to find a connection bt. Thurgus and Iris Acht in PF. I read** that Léon Tolstoi, in "War and Peace," writes aboute Mlle George in relation to prince Bolkonski and Pierre Bezouklov, taking Mlle George as a true representative of the French influence in Russia.
I wish I could offer links that'd clinch the matter "George/Acht" but I know that the Frenchwoman managed to escape and reach old age, unlike Iris.

Connected to Napoleonic dramatic escapes through corridors and a theatrical scenery, with no female actors and if my memory is still to be trusted, there's an interesting chapter in "The Emperor and the Linguist" by Myers.

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* Wikipedia ( "Anthony Adverse) The plot of the epic costume drama follows the globe-trotting adventures of the title character, the illegitimate offspring of Maria Bonnyfeather, the bride of the cruel and devious middle-aged nobleman Marquis Don Luis, and Denis Moore. ...completely by coincidence, the child (Anthony Adverse) is apprenticed to Bonnyfeather, his real grandfather, who discovers his relationship to the boy but keeps it a secret from him...As an adult, Anthony falls in love with Angela Giuseppe, the cook's daughter, and the couple wed...Angela pursues a career as an opera singer...Through the intercession of impressario Debrulle, Anthony finds Angela and discovers she bore him a son. She fails to reveal she is Mlle. Georges, a famous opera star and the mistress of Napoleon Bonaparte. When Anthony learns her secret, he departs for America with his son in search of a better life.

** -NAPOLEONICA LA REVUE: BIOGRAPHIES
GEORGE, Marguerite-Joséphine Weimer, dite Mlle (1787-1867), comédienne
Mademoiselle George était la fille de Jean-Martin (dit George) Weimer, né à Mannheim, qui, tout d'abord maître-tailleur et premier fifre au régiment de Lorraine, avait créé une troupe théâtrale à la suite de son mariage avec Marie-Madeleine Verteuil (une petite femme qui tenait, avec bonheur, les rôles de soubrette). La troupe se trouvait à Bayeux, lorsque Marguerite-Joséphine est née, rue Sainte-Placide, le 23 février 1787. La troupe reste à Bayeux jusqu'en 1794, ensuite, elle s'installa à Amiens (où naîtra Louise-Charlotte-Elisabeth, 1796-1878, qui sera également actrice).
Née pour ainsi dire sur les planches, Marguerite-Joséphine commence à jouer vers douze ans (1799) sur les tréteaux paternels (Les deux petits Savoyards Paul et Virginie, Le jugement de Pâris), et devient l'attraction du spectacle.
En octobre 1801, Mlle Raucourt (1), la célèbre tragédienne du Théâtre-Français, de passage à Amiens, rencontre la jeune actrice. Frappée par sa beauté et la sûreté de ses gestes, elle propose à son père de l'emmener à Paris où elle se chargera de son avenir ("J'en ferai un bel oiseau de tragédie"). Le père ayant fini par accepter, elle vient dans la capitale, avec sa mère. Mlle Raucourt lui apprend le répertoire classique et les leçons sont profitables.
Le 28 novembre 1802 (7 frimaire an XI), Mlle George, qui n'avait pas encore seize ans, débute à la Comédie Française, dans le rôle de Clytemnestre d'Iphigénie en Aulide de Jean Racine, en présence du Premier consul et de Joséphine. Elle doit faire face à une cabale contre certains acteurs, elle est interrompue mais, encouragée par Mlle Raucourt, elle reprend son texte avec crânerie et triomphe. Le général Bonaparte la fait complimenter.C'est une très belle femme. Elle n'a que seize ans mais en paraît vingt-cinq. Une taille élevée, un corps harmonieux, une chevelure brune, des yeux noirs pleins de flamme et d'éclairs tragiques, un nez mince et droit, une bouche puissante. C'est la "Vénus française". "Superbe femme", dit déjà Lucien Bonaparte, en connaisseur.
La carrière de Mlle George, soutenue par Talma, est lancée. Elle est Emilie dans Cinna (28 déc. 1802), Phèdre dans la pièce de ce nom (16 févr. 1803), Hermione dans Andromaque (1er juill. 1803). La critique est conquise : "elle a prouvé que si sa figure peut inspirer l'amour, son talent sait aussi l'exprimer ; elle a ravi tous les suffrages". Le 4 août, ses appointements sont déjà de 4 000 francs par an.
Peu après ses débuts à la Comédie Française, Mlle George s'était installée rue Sainte-Anne (Paris, 2e), dans un entresol de trois pièces, où elle reçoit Lucien Bonaparte, qui lui offre un beau nécessaire en vermeil et cent louis en or ("c'était à me rendre folle" dira-t-elle dans ses Mémoires), mais cette liaison est de courte durée (Lucien, brouillé avec Napoléon, en raison de son mariage avec Mme Jouberthon, née Alexandrine de Bleschamps, doit quitter Paris).
L'amant suivant est le prince poloanis Paul Sapiéha (2), qui installe Mlle George au 334, rue Saint-Honoré, dans un magnifique appartement (avec écurie et chevaux, remises et voitures), face à l'hôtel de Noailles, où demeure Lebrun, troisième consul ! En novembre 1803, un rapport de police note indiscrètement : "Mlle George a fait récemment une grande perte. Le prince Sapiéha est parti pour retourner en Pologne. Il lui donnait, dit-on, cinq mille francs par nuit : fallût-il en diminuer la moitié, cela faisait encore un assez honnête profit".
Ensuite, la beauté de Mlle George attire le Premier consul lui-même. Par son valet de chambre, Constant, il l'invite à venir à Saint-Cloud. Elle vient (8 juin 1803). Dans ses Mémoires (rédigés en 1857), Mlle George relate ses rencontres avec le Premier consul. Elle veut faire croire qu'elle n'a pas eu de liaison avant lui et qu'elle ne lui a cédé qu'au cours de la troisième nuit, ce qui paraît peu vraisemblable, le Premier consul étant un homme pressé en toutes choses. Toutefois, on apprend par son récit que Napoléon l'appelait Georgina, qu'il se montrait aimable et empressé et s'amusait quelquefois familièrement avec elle. Aux Tuileries, le Premier consul la recevait dans l'ancien appartement de Bourrienne, qui communiquait avec son cabinet de travail. Selon Stendhal (mais comment a-t-il pu le savoir ?), Bonaparte n'aurait reçu que seize visites de Mlle Georges. celle-ci prétend qu'elles ont été plus nombreuses. Joséphine en était désespérément jalouse.
Cependant, la rumeur publique et les bavardages de Mlle George (à Sainte-hélène, l'Empereur dira : "Je m'en suis repenti quand j'ai su qu'elle parlait") provoquent la rupture. Napoléon glisse dans la "gorge" de sa maîtresse un paquet de billets (40 000 francs selon l'intéressée) et Mlle George déclare superbement que "le Premier consul l'a quittée pour se faire empereur".
Parallèlement, elle poursuivait sa carrière de tragédienne à la Comédie Française, rivale heureuse de Mlles Duchesnois (3) et Mars (4), essentiellement dans les pièces de Corneille (Cinna, La mort de Pompée, Polyeucte, Nicomède, Rodogune) et de Racine (Andromaque, Iphigénie, Phèdre, Bajazet). Le 17 mars 1804, Mlles George et Duchesnois sont élevées ensemble au sociétariat de la Comédie Française.
Les liaisons de Mlle George continuent aussi, avec le financier Ouvrard (qui lui paie un appartement rue Louis-le-Grand), Jean-Marcel Souriguère, bel homme et auteur dramatique peu connu, le comte de Beckendorff, secrétaire à l'ambassade de Russie à Paris.
Le 11 mai 1808, à la Comédie Française, on attendait Mlle George pour la 5e représentation d'Artaxercès de Delrieu (5). On la cherche vainement, elle a disparu. En effet, elle filait à toute allure vers Strasbourg, en berline, avec sa dame de compagnie (il s'agissait d'un danseur de l'Opéra, Louis Duport, habillé en femme).
Mlle George avait un passeport délivré par l'ambassade de Russie au nom de la comtesse de beckendorff et de sa femme de chambre, ce qui permet aux voyageurs de franchir la frontière sans difficulté (alors qu'un ordre d'arrestation avait été lancé contre l'actrice) et de se diriger ensuite à Vienne, Vilna et Saint-Pétersbourg. Les raisons de ce voyage vers la Russie : Mlle George, malgré la générosité de ses amants, était criblée de dettes et, en outre, le comte de Beckendorff lui avait promis le mariage.
Le séjour à Saint-Pétersbourg (1808-1813) : Un an après la paix de Tilsit, Mlle George s'installe donc à Saint-Pétersbourg, où elle retrouve certains comédiens français, dont Mlle Bourgoin (6) (7). Elle est bien accueillie par le tsar et la noblesse russe. Au Théâtre Impérial, elle touche seize mille roubles d'appointements et connaît de nombreux succès. Alexandre lui offre un somptueux diadème, une plaque de diamants pour la ceinture, et elle devient, pendant un temps, sa maîtresse : après l'empereur d'Occident, c'est le tsar de toutes les Russies !
A Paris, M. de Rémusat, surintendant des spectacles, l'avait condamnée, le 13 mai 1808, à une amende de 3 000 francs, pour les représentations perdues ; le 30, son traitement était rayé des contrôles. Le 9 juillet 1808, de Bayonne, Napoléon donne à Caulaincourt, notre ambassadeur en Russie, les consignes suivantes : "Quant aux acteurs et aux actrices français qui sont à Saint-Pétersbourg, on peut les garder et s'en amuser aussi longtemps que l'on voudra... Si les circonstances se présentent d'en parler, dites que, pour ma part, je suis charmé que tout ce que nous avons à paris puisse amuser Sa Majesté" (A. Vandal, Napoléon et Alexandre, T. 3).
Un demi-siècle plus tard, lorsque Léon Tolstoï, dans Guerre et Paix, voudra peindre la Russie de l'époque napoléonienne, "Mlle George sera l'un de spersonnages représentatifs de l'influence française, dont s'entretiennent le prince Bolkonski et Pierre Bezouklov".

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